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Le président syrien Bachar al-Assad, effectuant sa première visite au Liban depuis l'assassinat de l'ex-dirigeant Rafic Hariri, arrive vendredi à Beyrouth avec le roi saoudien Abdallah pour calmer les tensions liées à une possible accusation du Hezbollah dans ce crime.
Pointé du doigt pour le meurtre de l'ex-Premier ministre libanais en 2005, le régime de Bachar al-Assad a été contraint de retirer ses troupes de chez son petit voisin après 30 ans de tutelle, marquant le début d'une longue période d'animosité entre les deux pays. Damas dément toute implication dans ce crime.
Depuis son accession au pouvoir en 2000, M. Assad a visité à deux reprises le Liban, en 2002. Son prédécesseur, son père Hafez al-Assad, avait visité le Liban en 1975.
Il s'agit également de la première visite d'un monarque saoudien au Liban depuis 1957. Le roi Abdallah était venu à Beyrouth en 2002, lorsqu'il était encore prince héritier.
Cherchant à mettre tout leur poids pour éviter un nouveau conflit confessionnel dans ce petit pays méditerranéen, les dirigeants saoudien et syrien font ce déplacement hautement symbolique pour dire leur attachement à la stabilité du Liban, menacé d'une nouvelle crise liée au meurtre de Hariri.
La perspective d'une mise en cause par un tribunal de l'ONU du puissant groupe armé Hezbollah dans cet assassinat fait craindre de nouvelles violences confessionnelles. En 2008 des combats entre partisans du Premier ministre actuel Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, et ceux du parti chiite, ont fait une centaine de morts.
M. Assad et le roi Abdallah, qui ont souligné jeudi à Damas l'importance de "soutenir tout ce qui contribue à la stabilité et à l'unité" du Liban, sont attendus vers midi locale (09H00 GMT) à l'aéroport international de Beyrouth, où ils arriveront à bord du même avion en provenance de la capitale syrienne.
A Beyrouth, des drapeaux saoudien et syrien, ainsi que d'immenses portraits du monarque ont été accrochés sur les bords des routes.
Le stationnement sur la route du convoi a été interdit et des militaires et membres de services de sécurité ont été déployés.
"Leur visite conjointe revêt un caractère historique, voire déterminant, de par son +timing+ et ses conséquences sur la crise qui s'intensifie au Liban sur fond du tribunal international", écrit le quotidien An Nahar.
"Tout le but de la visite est de contenir la situation dans un avenir immédiat", affirme à l'AFP Sahar al-Atrache, analyste à Beyrouth pour le centre de prévention des conflits International Crisis Group (ICG).
Au palais présidentiel de Baabda près de Beyrouth, le roi saoudien et le président syrien s'entretiendront avec le chef de l'Etat Michel Sleimane.
L'ensemble des ministres, dont les deux représentants du Hezbollah au gouvernement d'union, des responsables des services de sécurité et autres officiels ont été en outre invités à déjeuner avec les trois chefs d'Etat.
"Ils sont là pour exercer leur influence sur leurs alliés libanais (...) pour barrer la route à toute escalade", souligne Mme Atrache.
La Syrie, aux côtés de son allié chiite l'Iran, est le principal soutien au Hezbollah qui prône la lutte contre Israël, tandis que l'Arabie saoudite est le plus important allié régional de Saad Hariri.
Les relations entre ces deux puissances régionales, distendues après l'assassinat de l'ex-Premier ministre, se sont réchauffées fin 2009.
Ce rapprochement s'est répercuté positivement sur les liens entre Beyrouth et Damas, qui ont établi en 2008, sous l'impulsion de la France de Nicolas Sarkozy, des relations diplomatiques pour la première fois de leur histoire.
Jusqu'avant la première visite à Damas fin 2009 de M. Hariri, son camp, majoritaire au Parlement, était virulent à l'égard du régime syrien, accusé aussi d'avoir planifié l'assassinat de plusieurs personnalités libanaises après celui de l'ex-Premier ministre.
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